Pourquoi la Fête nationale le 14 juillet ? Voici des révélations surprenantes

Fête nationale, pourquoi cet engouement pour le 14 juillet ? Que commémore réellement le 14 juillet ? Vous serez surpris par ces explications.

Fête nationale prise de la bastille 14 juillet 1789
Anonyme, Photographie Rama, Wikimedia Commons, Cc-by-sa-2.0-fr
(Last Updated On: 2 août 2018)

Fête nationale, pourquoi cet engouement pour le 14 juillet ?

Est-ce dû à la Fête nationale ? Vous avez peut-être remarqué ces drapeaux tricolores qui recommencent à fleurir de-ci de-là. Après une longue période de ringardise, ils étaient réapparus en réponse aux attentats contre Charlie Hebdo et au Bataclan. Puis, changement de contexte oblige, l’élan s’était estompé mais aujourd’hui c’est l’équipe de France qui nous incite à les raccrocher fièrement au balcon en attendant le feu d’artifice. Alors, football et 14 juillet : même combat ? Lorsque vous interrogez nos amis politiciens, ils vous répondent que le 14 juillet est  « l’avènement de la France telle qu’elle est, un moment où la communauté nationale se retrouve. » Pour beaucoup d’entre nous, la Fête nationale, c’est le symbole de la république, la prise de la bastille, quoi !.. Pas si simple.

Que commémore réellement le 14 juillet ?

En fait, comme l’explique cette vidéo, les parlementaires ont choisi en 1880 la date du 14 juillet comme fête nationale de la République française. Plus que le 14 juillet 1789, on a voulu commémoré la fête de la Fédération du 14 juillet 1790, premier anniversaire de la prise de la Bastille. La Fayette en était l’initiateur pour fêter les fédérations de la garde nationale. La raison de ce choix : la fête nationale se voulait un événement de réconciliation et d’unité des Français et contrairement au 14 juillet 1789, n’avait « coûté ni une goutte de sang ni une larme ». C’est subtile, je vous l’accorde.

La Bastille était-elle le symbole du pouvoir absolu?

Pourquoi Fête nationale 14 juillet
La Bastille avant sa destruction par Palloy en 1789-1790.

La prise de la Bastille, me direz-vous, c’est tout de même l’événement qui marque l’abolition de l’emprisonnement arbitraire « par lettre de caché ». Là encore, la réalité telle qu’elle nous est rapportée dans les émissions de radio « 2000 ans d’histoire » sur France Inter et « Au cœur de l’histoire » de Franck Ferrand, risque de quelque peu nous surprendre :

  • Il n’y avait en effet que 7 prisonniers lorsque la Bastille fut investit par la foule. Seulement un avait été emprisonné par lettre de caché à la demande de sa famille. D’ailleurs, les révolutionnaires furent tellement déçus de trouver si peu de prisonniers prestigieux qu’ils en ont inventé un faux, appelé comte de Lorges.
  • Il n’y aurait jamais eu plus de 60 prisonniers en même temps. La forteresse était surtout un dépôt de poudre.
  • A la Bastille, les prisonniers politiques n’auraient représenté que 20% des embastillements.
  • Certains prisonniers, selon leur statut social, vivaient plutôt bien à la Bastille. Ils mangeaient le même repas que le gouverneur et bénéficiaient de leur valet.
  • Les révolutionnaires ont commencé à démolir la Bastille le soir même du 14 juillet 1789. Le pont de la Concorde a été a construit avec ses pierres de taille. Ce que l’on sait moins, c’est que l’on prévoyait, depuis 1783, de la raser de toute façon. Étonnant, non !

Que c’est-il passé le 14 juillet 1789 en région Centre

Partons maintenant pour une balade « révolutionnaire« . Loin de la capitale, on pourrait penser que la Province ne partage pas l’agitation parisienne. Pourtant, le feu de la révolution couve depuis longtemps, notamment à la suite de récoltes catastrophiques et de la montée en puissance de la Bourgeoisie. On a faim en France cette année là et les villageois ont « peur » que les seigneurs fassent appel à des armées de brigands en réponse à la révolte des Parisiens.

Le 14 juillet 1789 à Orléans

Conséquence des mauvaises récoltes, la maison d’un marchand de blé est mise à sac le 24 avril, début d’une série de troubles. L’ordre est rétabli début mai, après l’arrivée de renforts armés. Les troubles reprennent le 18 juillet lors du ravitaillement, vite réprimés. Toutefois, les événements à Paris incitent les autorités à plus de modération, et la police de la ville est confiée à des volontaires qui obtiennent le 2 août le départ de la garnison.

Le 14 juillet 1789 à Bourges

En cette année 1789, Bourges compte environ 16 000 habitants contre 66 000 aujourd’hui. Le mardi 14 juillet 1789, une commission dite intermédiaire informe les citoyens qu’elle a fait modifier la répartition de la « taille ». Cependant, si l’objectif est de diminuer cet impôt, sur 600 000 livres à percevoir, la réduction est de moins de 3000 livres… « Et c’est tout, rien ne vient de Paris, aucune information n’arrive à Bourges. »

Le 14 juillet 1789 dans le Cher

Après la prise de la Bastille le 14 juillet 1789, l’agitation populaire s’étend et la peur gagne les campagnes. Ainsi, les habitants de Graçay, près de Vierzon organisent leur défense contre ces ennemis imaginaires : les paysans s’arment, parcourent les routes de leur canton mais « n’incendient pas de châteaux comme dans d’autres provinces du royaume. »

Le 14 juillet 1789 à Limoges

Grâce au commerce, Limoges est une ville prospère avec ses 20 000 habitants (139 000 aujourd’hui). De nombreux aménagements y sont réalisés. Pourtant, en mai 1789, une charrette de blé est pillée sur le Pont Saint Etienne. Tandis qu’au début de l’été, « la grande peur » va armer les habitants de la ville constitués en milice. Vous ne vous serez pas étonnés de retrouver Limoges, mêlé au mouvement révolutionnaire de la Commune, moins de cent ans plus tard.

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