Orchidée sauvage en Val de Loire: Pentecôte et belle de mai

L’orchidée sauvage est souvent appelée Pentecôte et belle de mai en région Centre et spécialement en Val de Loire. Les orchidées sauvages, fleurissent jusqu’en juin voire juillet. Si on les nomme ainsi, c’est parce qu’elles commencent à fleurir à partir de la pentecôte et du mois de juin. Mais c’est au cours de ce dernier que la plupart des orchidées s’épanouissent dans les champs et au bord de nos routes.

Différence entre orchidée de culture et d’orchidée sauvage

Crédits photos : Alexandre Roubalay

Mais de quoi parlons-nous ? Il ne s’agit pas là des orchidées qui ornement par dizaines voire centaines les étals des fleuristes. Il s’agit ici des orchidées sauvages, celles que l’on s’émerveille à découvrir au détour d’une balade dominicale. Ces fleurs sont le fruit d’une lente évolution et d’une lente adaptation, contrairement à celles de nos fleuristes, dont les croisements n’ont plus rien à voir avec les belles sauvages des prairies.

La France recèle moins de 200 espèces d’orchidées sauvages

Dans le monde, les botanistes comptent environ 20 000 espèces d’orchidées réparties sur toute la planète et présentes dans tous les milieux, à l’exception des déserts froids (banquise) et chaud. La France recèle moins de 200 espèces d’orchidées sauvages regroupées dans 3 sous-familles. La plus représentée étant celle des Orchidoideae, qui compte plus de 130 espèces. Le nom de cette dernière famille, d’origine grecque signifie « testicule ». Cela vient de la forme caractéristique des bulbes ressemblant fortement à ce que l’on peut imaginer.

Comment reconnaître une orchidée sauvage

orchidée sauvage en Val de Loire et région CentreLes orchidées sauvages sont composées d’une partie souterraine différente selon les groupes:

  1. le premier, mentionné ci-dessus, est équipé de bulbes,
  2. le second de rhizomes (sorte de tiges souterraines)
  3. et le troisième de pseudos bulbes où les réserves de nourriture sont stockées.

La partie aérienne est composée d’une tige unique portant la hampe florale (la série de fleurs). Les feuilles sont disposées soit en rosette, soit étalées le long de la tige. Elles sont souvent organisées en épis. La fleur, partie la plus remarquable des orchidées, est symétrique. Elle est composée de trois sépales, un dorsal et deux latéraux, parfois soudés ensemble. Devant ces trois sépales, la fleur porte trois pétales remarquables, dont un est nettement différencié et dirigé vers le bas, que l’on nomme « labelle ». C’est celui-ci qui est souvent large, identifiable facilement et qui peut ressembler à un insecte.

La reproduction de l’orchidée sauvage est vraiment insolite

Nous y voilà ! Comme beaucoup de plantes, certaines espèces d’orchidées sauvages peuvent se reproduire de manière végétative en créant un clone via les tubercules ou les rhizomes. Les fleurs d’orchidées sauvages sont généralement hermaphrodites, elles s’autofécondent.

Mais la reproduction sexuée reste le mode le plus fréquent chez nos orchidées sauvages

La reproduction des orchidées sauvages se réalise via les insectes. Une fois le transfert de pollen réalisé par ces animaux et déposé au sein des ovaires, la fleur fane puis les graines s’échappent par milliers dans l’air. Le voyage n’est pas terminé. Les graines ne possèdent pas de réserve nutritive nécessaire à leur germination. Celle-ci nécessite la rencontre avec champignon microscopique. Celui-ci doit pénétrer dans la racine pour former une association champignon-orchidée, une symbiose, l’un ne pouvant vivre sans l’autre. Le champignon fournira ainsi les substances nutritives indispensables à la germination de toutes les orchidées sauvages.

Des stratégies surprenantes pour attirer les insectes

Mais avant cela, sans insecte, pas de pollinisation. Et là, les orchidées sont des championnes de la stratégie pour les attirer. Les insectes vont assurer le transport du pollen qu’ils déposeront ou mettront en contact avec le stigmate. Les Orchidées ont donc placé le pollen sur des petits bras au-dessus du pétale centrale, appelés pollinies. Ceux-ci sont visqueux, obligeant ainsi le pollen à se coller fortement à l’insecte. La capacité à attirer les insectes conditionnera donc la survie de l’espèce, si en plus l’insecte visite principalement les orchidées de la même espèce, la reproduction n’en sera que plus efficace. C’est pourquoi chaque espèce développe sa propre stratégie pour attirer abeilles, bourdons, mouches et tous les autres pollinisateurs. Si les fleurs des orchidées sauvages régalent nos yeux, ce n’est pas par simple plaisir mais pour « séduire » au mieux l’animal qui permettra sa reproduction. Dès lors tout est permis !

Première stratégie : offrir de la nourriture aux insectes

Elle est la plus courante chez l’ensemble des plantes : offrir de la nourriture aux insectes sous formes de nectar ou toutes autres substances nourricières. C’est l’attraction nutritionnelle. Pour ajouter un peu d’efficacité à ce système, certaines orchidées produisent en plus une odeur attirant les insectes. D’autres encore ont une corolle (ensemble des pétales) en forme de casque pour permettre à l’insecte de s’abriter ou de passer la nuit.

Seconde stratégie : L’attraction visuelle

Elle consiste à imiter une plante nectarifère. Trompé, l’insecte tente en vain de se nourrir mais va tout de même emporter le pollen. Ce stratagème permet à la plante une économie d’énergie car il n’y pas de production de nectar. Cette ruse est employée par une orchidée sauvage très commune : l’orchis mâle.

Troisième stratégie : Imiter » la femelle d’un insecte

orchidée sauvage en Val de Loire et région Centre
Ophrys

Enfin, le stratagème le plus spectaculaire, propre aux orchidées sauvages, est « d’imiter » la femelle d’un insecte. C’est particulièrement spécifique aux Ophrys qui utilisent l’attraction sexuelle. Les mâles se posent sur le pétale inférieur (labelle) et tentent de se reproduire avec ce qu’ils croient être leur femelle. Les ophrys vont jusqu’à imiter l’odeur et la pilosité de la femelle en question. Cette stratégie permet de sélectionner les insectes pollinisateurs et facilite la reproduction au sein d’une même espèce d’orchidées. Cependant, les orchidées sauvages sont souvent  « victimes d’erreurs » de la part des insectes. Cela entraine alors un nombre d’hybridation important chez des espèces proches. Enfin, des prédateurs ont très bien compris cette technique d’attirance, les araignées notamment, et chassent à l’affût les visiteurs imprudents.

Dans quel type d’endroit voir les orchidées sauvages ?

orchidée sauvage en Val de Loire et région Centre
Orchis

Mis à part le littoral et la haute montagne, les orchidées sont donc présentes partout. Elles ont pourtant une préférence pour les sols calcaires. Leur présence est également fortement liée aux activités humaines. Elles aiment les prairies calcaires pâturées sans excès ou fauchées à des périodes adaptées. Elle requièrent des terrains sans usage important de pesticides et où les pollinisateurs sont nombreux. Les bords de fossés, chemins ou prairies sont donc les zones à privilégier pour les rechercher. Parfois même, si vous entretenez votre jardin au rythme de la nature, vous aurez le plaisir d’en découvrir dans votre pelouse.

Où voir des orchidées sauvages en Val de Loire?

De nombreuses associations gèrent des sites et protègent les orchidées sauvages. C’est le cas en Eure-et-Loire ou près de Blois à la réserve naturelle de Grand Pierre et Vitain à la Marolles (41). Ces associations et d’autres organisent également des découvertes adaptées aux grands comme aux petits pour découvrir le monde fascinant des orchidées sauvages protégées. N’hésitez pas non plus à leur transmettre vos observations. Elles seront heureuses de découvrir de nouveaux sites et si besoin de vous renseigner sur les espèces présentes.

Pour rappel, de très nombreuses orchidées sont protégées

Il est donc formellement interdit de les cueillir. De plus, les fleurs fanent, quel dommage alors de ne profiter que quelques jours de ces merveilles. Mieux vaut alors prendre en photos l’ orchidée sauvage protégée, ainsi vous pourrez profiter de ces belles plantes tout au long de l’année.

Petit conseil pour réussir vos photos d’orchidées

Que vous ayez un compact, un bridge ou un reflex, il est tout à fait possible de faire une belle photo d’orchidée sauvage. Votre compact a une position macro (souvent représenté par une fleur). C’est la position standard la plus adaptée aux petits sujets ou sujets très proche. Ce mode est également disponible sur bridge ou reflex. Sur ces deux derniers, vous pouvez également quitter les modes automatiques et/ou standards pour choisir la priorité à l’ouverture (mode A, Ta, selon les marques). En choisissant un chiffre faible (une faible profondeur de champ) f2.8, f3.5, etc. Cela va réduire la zone de netteté. En pratique, ce qui sera derrière ou devant votre sujet sera flou et fera ainsi ressortir celui-ci. Vous pouvez également décider de placer l’orchidée dans son milieu en augmentant la profondeur de champ (f18 à f22) et avoir ainsi l’orchidée et son milieu environnant.

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